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Les risques de la transfusion sanguine

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Les risques de la transfusion sanguine

Depuis la fameuse affaire du « sang contaminé, tous les échantillons sont examinés, selon les méthodes les plus modernes. D'autre part, les donneurs éventuels sont soumis à un interrogatoire, concernant notamment leurs habitudes sexuelles (utilisation ou non de préservatifs) et ceux qui ne sont pas sûrs sont écartés.

Est-ce cela suffit à dire que les transfusions ne présentent plus le moindre risque ?

Malheureusement, il serait illusoire de le prétendre. Même si toutes les précautions sont prises, il subsiste certains aléas qu'il est impossible, avec la meilleure volonté du monde, de supprimer totalement. Pas d'alarmisme, cependant : ces risques sont infimes ; ils sont moins importants, par exemple, que ceux de n'importe quelle intervention chirurgicale.

 

Les tests de dépistage sont efficaces dans l'immense majorité des cas. Il se peut, cependant, qu'ils n'arrivent pas à déceler la présence du virus.
Comment est-ce possible ?
Cela vient d'une particularité de certaines maladies, et notamment du sida. Il faut savoir, en effet, qu'il existe une période d'incubation au cours de laquelle ce virus n'est absolument pas détectable dans le sang. Quand une personne contracte le sida, il se passe quelques semaines (environ deux mois) durant lesquelles son organisme n'émet aucun anticorps, en réponse au virus. Or, ce sont les anticorps que détecte le test de dépistage. Si, durant ce temps de latence, cette personne donne son sang, il est donc malheureusement impossible de s'apercevoir que ce sang est contaminé.

Le sida n'est pas seul en cause. Deux autres maladies fonctionnent exactement selon le même principe : l'hépatite B et l'hépatite C.

L'hépatite B, qui se transmet par voie sanguine et sexuelle, n'est pas une maladie anodine, mais sa gravité est sans commune mesure avec celle du sida. Par ailleurs, on peut s'en protéger, depuis 1981, car il existe un vaccin.
L'hépatite C, transmissible exclusivement par le sang, pose des problèmes plus sérieux. En effet, cette maladie évolue, dans la moitié des cas, en hépatite chronique ; laquelle entraîne parfois des cirrhoses ou des cancers du foie. Les risques mortels, liés à l'hépatite C, sont d'environ 10%. Il s'agit donc d'une maladie redoutable... Or, on ne dispose pas de tests parfaitement fiables pour la dépister. On ne cesse d'améliorer leur efficacité et, cependant, dans 20 % des cas, l'hépatite C est indécelable dans un prélèvement sanguin.

C'est donc pour cette maladie que le risque transfusionnel reste le plus élevé. Cependant, en dehors du dépistage, d'autres techniques limitent encore le danger. C'est ce que l'on appelle « le fractionnage du sang ». Au lieu de transfuser la totalité du produit sanguin, on en extrait les différents principes, ce qui présente un double avantage :
• Avec la même quantité de sang, on peut soigner plus de patients. Etant donné la pénurie qui existe dans ce domaine, l'intérêt est considérable.
• Les produits extraits, comme les facteurs de coagulation que l'on destine aux hémophiles, l'albumine que l'on administre aux victimes d'hémorragies pour maintenir leur pression artérielle, ou les immunoglobulines destinées aux personnes souffrant de déficits immunitaires et à la prévention de maladies in-traités, soit par chauffage, soit par injection de molécules chimiques antivirus. Résultat : ces produits sont totalement inoffensifs.

Pourquoi cette technique n'est-elle pas utilisée dans tous les cas ?
Simplement parce que c'est médicalement impossible. Pour combattre certaines hémorragies, ou certaines anémies, par exemple, on est obligé d'employer les globules rouges, les plaquettes sanguines ou le plasma frais. Or, ces composants-là sont fragiles ; on ne peut les chauffer ou les traiter sans les détruire.

Au total, les risques restent vraiment minimes. Lorsqu'on subit une transfusion sanguine, on court, en ce qui concerne le virus du sida, un danger évalué à 1 sur 20 000 (encore faut-il exclure de ce chiffre les sujets hémophiles, pour lesquels le risque est maintenant nul, en raison du chauffage des produits injectés).
Pour l'hépatite B, la proportion est aussi faible : 1 transfusion sur 20 000. Reste l'hépatite C qui, comme on l'a vu, est la maladie la moins facile à repérer dans les échantillons sanguins : le danger est donc beaucoup plus élevé, de l'ordre de 1 à 2 pour 1000.

 

 

Il existe, enfin, une parade radicale contre les risques (minimes, rappelons-le !) de la transfusion : c'est ce que l'on appelle l'auto-transfusion.

Le principe en est, apparemment, très simple : il consiste, en cas d'opération programmée, à se faire prélever en deux ou trois séances le sang qui sera nécessaire à l'intervention. Là, évidemment, le danger de contamination est balayé. Cependant, cette méthode se heurte à de nombreuses contre-indications.
Le sujet doit en effet être en parfaite santé, pour pouvoir préfabriqué ses globules rouges, après chaque prélèvement. De ce fait, l'auto-transfusion est interdite aux sujets anémiques, aux personnes souffrant de troubles respiratoires, cardiaques, ou d'insuffisance rénale, et aussi aux enfants.

Voir aussi:  

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