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En chimiothérapie, on a recours à des médicaments anticancérogènes (cytotoxiques) pour traiter le cancer. Il s’agit d’un traitement systémique qui circule dans tout l’organisme et qui détruit les cellules cancéreuses dont celles qui auraient pu s’échapper de la tumeur primitive.
On a couramment recours à la chimiothérapie pour traiter le cancer colorectal.
On emploie la chimiothérapie :
· avant la chirurgie (chimiothérapie néoadjuvante) et on l'associe à la radiothérapie pour réduire la taille d'une tumeur au rectum
· après la chirurgie afin de détruire les cellules cancéreuses qui pourraient rester après l’intervention et de réduire le risque de réapparition du cancer (chimiothérapie adjuvante)
· pour traiter un cancer du côlon qui s'est propagé au foie en administrant des médicaments directement dans cet organe (chimiothérapie intra-hépatique)
· pour soulager la douleur ou maîtriser les symptômes d’un cancer colorectal au stade avancé (chimiothérapie palliative)
Les médicaments employés, les doses administrées ainsi que les horaires suivis varient d’une personne à l’autre. C’est pourquoi le plan de traitement doit être abordé avec un médecin qui connaît bien la situation de la personne atteinte.
Types de chimiothérapie
Les agents chimiothérapeutiques les plus souvent employés pour traiter le cancer colorectal sont les suivants :
· fluorouracil (5-FU, Adrucil) et acide folinique (Leucovorin)
on ajoute habituellement la leucovorine pour accroître l'efficacité du 5-FU
· oxaliplatine (Eloxatin)
· irinotécane (Camptosar, CPT-11)
· capécitabine (Xeloda)
il s'agit de la forme orale du 5-FU
· raltitrexed (Tomudex)
on peut l'offrir au lieu du 5-FU aux personnes atteintes d'un cancer colorectal au stade avancé qui sont incapables de tolérer le 5-FU
Chimiothérapie adjuvante
Les associations chimiothérapeutiques les plus employées comme traitement adjuvant du cancer colorectal primitif sont les suivantes :
· FOLFOX : acide folinique (Leucovorin), fluorouracil (5-FU, Adrucil) et oxaliplatine (Eloxatin)
il s'agit du traitement adjuvant standard du cancer du côlon de stade III et de stade II mais à risque élevé
- Nota : l'oxaliplatine n'a pas été officiellement approuvée par Santé Canada mais est disponible sur demande spéciale; comme elle n'a pas été approuvée officiellement, il est possible qu'elle ne soit pas disponible dans tous les centres de traitement
· capécitabine (Xeloda)
ce médicament peut être administré aux personnes qui sont incapables de tolérer le protocole FOLFOX
Chimiothérapie adjuvante dans le cas du cancer du côlon
Les personnes atteintes d'un cancer du côlon de stade I ne reçoivent pas de chimiothérapie. Le risque de propagation du cancer à ce stade n'étant que très faible, la chimiothérapie ne serait d'aucun bénéfice et pourrait engendrer inutilement des effets secondaires.
La valeur de la chimiothérapie dans le cas du cancer du côlon de stade II n'est pas aussi nettement établie. Les études n'ont pas clairement démontré les bénéfices de la chimiothérapie chez les personnes atteintes d'un cancer du côlon de stade II à faible risque (tumeurs de bas grade, peu agressives, qui n'ont pas bloqué ou perforé la paroi de l'intestin) où il est difficile de savoir s'il y a une propagation microscopique du cancer. Ce traitement pourrait par contre être utile chez les personnes atteintes du cancer du côlon de stade II à risque élevé (tumeurs de haut grade, classées T4, qui obstruent ou ont perforé la paroi intestinale) où la possibilité de propagation microscopique est plus grande. On encourage les personnes atteintes d'un cancer du côlon de stade II à discuter avec leur médecin des risques et des bénéfices possibles de la chimiothérapie adjuvante afin de prendre une décision éclairée sur leur traitement.
La chirurgie suivie d'une chimiothérapie est le traitement standard du cancer du côlon de stade III si l'on veut réduire le risque de récidive.
Chimiothérapie adjuvante dans le cas du cancer du rectum
On n'administre habituellement pas de chimiothérapie aux personnes atteintes d'un cancer du rectum de stade I.
L'administration d'une chimiothérapie et d'une radiothérapie avant la chirurgie (chimiothérapie néo-adjuvante) est en voie de devenir le nouveau traitement standard du cancer du rectum de stade II ou III, car cela permet de réduire la taille de la tumeur et la rend ainsi plus facile à enlever. On peut aussi avoir recours à la chimiothérapie après la chirurgie pour traiter un cancer du rectum de stade II ou III. Il est possible d'associer la radiothérapie à la chimiothérapie après la chirurgie, mais seulement si on ne l'a pas administrée avant la chirurgie.
Chimiothérapie dans le cas d'un cancer colorectal avancé ou de métastases
Les associations chimiothérapeutiques les plus employées pour traiter le cancer colorectal au stade avancé ou ses métastases sont les suivantes :
· FOLFIRI : acide folinique (Leucovorin), fluorouracil (5-FU, Adrucil) et irinotécane (Camptosar, CPT-11)
on peut l'administrer seul ou en association avec le bévacizumab (Avastin), un agent biologique, comme traitement de première intention
on peut l'administrer seul ou en association avec le cétuximab (Erbitux), un agent biologique ciblé, comme traitement de deuxième ou de troisième intention
- selon ce qu'on a employé comme traitement de première intention
- selon la présence des récepteurs du facteur de croissance épidermique (R-EGF) – seules les personnes dont la tumeur est R-EGF-positive peuvent bénéficier du cétuximab
· FOLFOX : acide folinique (Leucovorin), fluorouracil (5-FU, Adrucil) et oxaliplatine (Eloxatin)
on peut l'administrer seul ou en association avec le bévacizumab (Avastin) comme traitement de première ou de deuxième intention
· irinotécane (Camptosar, CPT-11)
on peut l'administrer seul au lieu de l'associer au 5-FU et à la leucovorine
· capécitabine (Xeloda)
on peut l'administrer au lieu des associations à base de 5-FU
· raltitrexed (Tomudex)
on peut l'offrir au lieu du 5-FU aux personnes qui sont incapables de tolérer ce médicament
· cétuximab (Erbitux)
on peut l'administrer seul au lieu de l'associer à l'irinotécane et au 5-FU
Chimiothérapie intra-hépatique dans le cas de métastases au foie
On a également recours à la chimiothérapie pour détruire les cellules cancéreuses qui se sont propagées au foie sans avoir encore formé de tumeur, ou pour réduire la taille d'une tumeur hépatique avant la chirurgie afin qu'elle soit plus facile à enlever ou encore pour traiter une tumeur qu'on ne peut enlever par chirurgie.
On peut administrer du 5-FU par le biais d'un minuscule cathéter inséré dans la principale artère qui mène au foie (artère hépatique) ou encore de la floxuridine (FUDR), qui est très semblable au 5-FU, pendant une plus longue période par le biais d'une toute petite pompe installée près du foie. Il s'agit d'une perfusion hépatique régionale, ou perfusion intra-artérielle hépatique. On peut également administrer du 5-FU ou du FUDR par voie intraveineuse. Au Canada, on a rarement recours à la chimiothérapie intra-hépatique
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