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Dès que l'on oublie certains faits de la vie courante, on pense aussitôt à la maladie d'Alzheimer. Or, entrer dans une pièce sans savoir ce que l'on venait y chercher, perdre en permanence ses lunettes, oublier le nom de certaines personnes... ne signifie pas que l'on souffre d'un trouble grave de la mémoire. En revanche, oublier totalement de grands événements de l'actualité est plus inquiétant.
Par ailleurs, des pertes de mémoire peuvent être liées à des troubles divers : dépression, surmédicalisation, changement de vie.
La mémoire est un témoin du fonctionnement général de l'individu, mais elle n'est peut-être pas le vrai problème.
Plus de la moitié des plus de 50 ans observent une baisse naturelle des performances de leur mémoire. Mais ces troubles portent davantage sur la récupération des informations que sur leur stockage : les données sont "bien gravées", mais leur accès est rendu plus difficile. Ce sont plutôt les processus d'aide de la mémoire qui sont perturbés.
En revanche, la maladie d'Alzheimer atteint directement les capacités de stockage de l'information. Ainsi, si une personne âgée oublie un rendez-vous, elle s'en souviendra au moindre rappel. Au contraire, en cas d'Alzheimer, même en lui rappelant son rendez-vous, elle n'en aura plus aucun souvenir.
Enfin, la mémoire effectue, à chaque instant, des choix, des associations... Ces opérations la rendent très performante, mais conduisent aussi à quelques erreurs. Ceci est normal, et prouve même son bon fonctionnement !
Doit-on s’inquiéter lorsqu’on oubli l’endroit ou on a posé un certain objet ?
Le plus souvent, il s'agit d'un problème d'attention. Un drame familial, un syndrome dépressif, le surmenage rendent notre cerveau indisponible pour bien fixer l'information. De même, des médicaments de type tranquillisants (benzodiazépines ou anti-cholinergiques) influent sur le processus de l'attention. Tout comme l'hypothyroïdie ou les troubles du sommeil, en particulier les apnées (pauses respiratoires). Mais, dans tous ces cas, le processus de mémorisation n'est pas altéré.
Doit-on passer des tests ?
Seuls des examens poussés peuvent permettre de diagnostiquer un trouble grave comme la maladie d'Alzheimer.
Réalisés par un neurologue et un neuropsychologue dans une "consultation-mémoire", ils permettent d'identifier les différents troubles de la mémoire, du langage, du raisonnement, de l'organisation gestuelle.
Néanmoins, le premier maillon du dépistage des maladies de la mémoire reste le médecin généraliste. Il disposera bientôt d'un test de cinq mots permettant d'identifier plus facilement les personnes à risque, devant bénéficier d'examens plus précis.
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