|
Une centaine de signes ont été décrits pour caractériser la spasmophilie.
Le plus souvent, les personnes atteintes ressentent des tremblements, des fourmillements au bout des doigts, une boule dans la gorge (par contraction des muscles du pharynx).
Elles se plaignent d'avoir parfois la paupière qui saute, des crampes d'estomac, les intestins douloureux. Une sensation de serrement dans la poitrine est possible, mais elle n'a rien à voir avec un problème cardiaque.
Certains présentent de véritables crises qui les laissent fatigués et abattus. Celles-ci témoignent d'un excès de décharges électriques, souvent déclenchées par un stress, un chagrin, une colère.
Toute émotion forte peut déclencher une crise.
Les symptômes s'amplifient ou se multiplient, et le spasmophile ressent des bouffées de chaleur, des palpitations. Sa respiration s'accélère, il transpire abondamment, ses jambes se ramollissent ou se dérobent sous lui, et il est pris d'un malaise pouvant aller jusqu'à l'évanouissement.
De telles crises, plus ou moins intenses, se résorbent spontanément. Mais elles sont angoissantes et épuisantes. Elles frappent davantage les personnes hypersensibles et anxieuses. Chez elles. le système neurovégétatif se comporte comme un véritable signal d'alarme sous l'effet d'un choc émotionnel ou d'un stress, mais aussi d'une grande joie.
D'où viennent ces troubles?
Pour certains médecins, le stress est le grand responsable de la spasmophilie. Les soucis professionnels, ajoutés aux problèmes familiaux, expliquent sans doute pourquoi les femmes sont les plus nombreuses à en souffrir...
Pour d'autres, le manque de magnésium, grand régulateur du système nerveux, est à l'origine d'une plus grande fragilité psychique. Quoi qu'il en soit, le système neurovégétatif, nerfs et muscles réunis, est au centre de ces symptômes. Les troubles sont le plus souvent bénins et spontanément réversibles. Mais ils peuvent aussi révéler des maladies plus lourdes : dérèglement de la thyroïde, hypertension, problème de rythme cardiaque, dépression, etc.
Pour porter un diagnostic de spasmophilie, le médecin doit interroger longuement son patient. La première consultation devrait durer au moins une heure. L'interrogatoire doit être suivi d'un examen clinique minutieux au cours duquel le médecin teste les réflexes du malade, puis recherche un symptôme particulier, le signe de Chvostek.
Il s'agit d'une contracture de la lèvre supérieure déclenchée par la percussion du marteau à réflexes sur la joue. Mais ce signe, longtemps considéré comme le seul typique de la spasmophilie, peut exister chez des personnes qui n'ont rien !
Le diagnostic de spasmophilie est particulièrement délicat à poser car aucun examen ne permet d'affirmer à coup sûr que l'on est en présence de ce syndrome. En effet, le dosage sanguin du magnésium n'est pas concluant, car le plasma sanguin ne contient que 1 % de notre capital magné- sien.
La plus grande partie du magnésium est en effet contenue dans les os, et est difficile à doser. On peut donc être un spasmophile avéré et avoir un taux « normal » de magnésium dans le sang. Un électrocardiogramme peut s'avérer nécessaire pour vérifier qu'il n'y a pas d'atteinte cardiaque chez un spasmophile sujet à la tachycardie (accélération du rythme cardiaque).
|