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La mélatonine neutralise le stress, combat les virus et les bactéries, améliore la qualité du sommeil, atténue les troubles dûs au décalage horaire, réduit les risques de maladies cardiovasculaires et régule les rythmes biologiques, mais il est possible qu'elle contribue à la prévention du cancer et participe à la détermination de notre espérance de vie.
Pour certaines personnes la mélatonine pourrait prolonger la vitalité sexuelle, ralentir le vieillissement, constituer un traitement puissant contre le cancer et, même, elle pourrait sûrement aider à ralentir le passage de la séropositivité au sida.
La mélatonine, hormone naturelle
La mélatonine est donc sécrétée par une petite glande de notre cerveau, l'épiphyse ou glande pinéale. On a, en fait, longtemps pensé que cette glande, à la différence de l'hypophyse (qui sécrète de nombreuses hormones dont l'hormone de croissance), ne servait à rien, qu'elle n'était qu'un reliquat du stade embryonnaire.
Une hormone produite par elle ne pouvait qu'être sans importance.
Mais une meilleure connaissance du rythme de sécrétion de cette hormone apporta la preuve de son rôle essentiel.
En effet, la sécrétion est maximale la nuit et en hiver (logique, elle dépend de la quantité de lumière perçue par nos yeux) ; ainsi, la lumière fait chuter cette sécrétion tandis que l'obscurité la multiplie par dix.
Elle gère donc le rythme veille-sommeil, d'où son efficacité sur le sommeil et les troubles liés au décalage horaire. Bien plus, elle serait notre horloge interne, synchronisant la plupart de nos fonctions biologiques par rapport aux heures et aux saisons,
Mais une autre découverte, qui allait générer d'immenses espoirs, fut que la sécrétion de la mélatonine variait au cours de la vie, et particulièrement le fait qu'elle diminue avec l'âge,
Pour ceux d'entre nous qui ont depuis longtemps quitté l'adolescence, il est beaucoup plus important de savoir que la (diminution de la) mélatonine peut aussi déclencher la sénescence.
D'où l'idée qu'un apport supplémentaire en cette hormone pourrait nous éviter ce vieillissement.
Cette hormone n'est pas la seule dont la sécrétion diminue au cours de la vie ; s'affaiblissent aussi la testostérone, l'hormone de croissance, et la DHEA (dihydroépiandrostérone) précurseur des hormones sexuelles.
La mélatonine évite l'oxydation du cholestérol LDL, le "mauvais" cholestérol qui obstrue les artères. Dans le cerveau, elle protège nos irremplaçables neurones contre les attaques portées par les radicaux libres.
Dans le fluide de l'œil, elle empêche ces derniers de former la cataracte. Sur la paroi des intestins, elle réduit le risque d'ulcère.
Alors, faut-il émettre quelques réserves ? Oui.
Ces réserves ne portent pas sur l'intérêt théorique que représente la mélatonine.
La mélatonine est une hormone extrêmement intéressante, qui joue un rôle crucial dans la régulation des rythmes biologiques.
Mais aller affirmer qu'elle permet de ne pas vieillir ou d'éviter le cancer, cela me paraît relever de spéculations un peu ridicules et hasardeuses.
Pourquoi ?
Parce que les essais sur l'homme restent très limités.
Et, dans l'état actuel de la recherche, rien ne permet d'avancer des affirmations aussi catégoriques.
La situation est claire : En fait, seul l'effet de la mélatonine sur le sommeil et le décalage horaire a été prouvé chez l'homme (mettons à part certaines études au long cours qui tentent de mettre en évidence une action sur la reproduction).
Toutes les autres propriétés vantées de cette hormone, en particulier l'action sur le système immunitaire, le cancer et le vieillissement, sont le fruit d'expériences faites en éprouvette ou sur des animaux. Les seules expériences humaines sont isolées et anecdotiques.
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