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C’est une inflammation du tube digestif qui touche le plus souvent la fin de l'Intestin grêle et le côlon. La prédisposition génétique de cette affection a été montrée lors d'études familiales. Il n'existe hélas pas de marqueurs biologiques pour dépister éventuellement les sujets atteints et non symptomatiques dans une famille.
La maladie survient probablement chez un sujet prédisposé, à l'occasion d'une réaction anormale à des facteurs d'environnement infectieux ou alimentaires (conserves, maïs, margarine). Aussi fréquente chez l'homme que chez la femme, la maladie de Crohn se manifeste le plus souvent avant 30 ans, mais n'est parfois diagnostiquée qu'un ou deux ans après.
Le début est insidieux, parfois trompeur, rarement aigu. Les premiers symptômes sont habituellement d'ordre digestif. Il peut s'agir d'une diarrhée banale (3 ou 4 selles quotidiennes de consistance pâteuse). Les hémorragies intestinales avec présence de sang dans les selles sont également assez fréquentes. Des douleurs abdominales s'y associent : elles vont du simple inconfort à des douleurs qui font penser à un ulcère ou à l'appendicite. Parfois le malade a seulement des nausées ou des vomissements. L'état général s'altère et les troubles digestifs s'accompagnent d'une asthénie, d'un amaigrissement et de fièvre. Chez l'enfant, un retard de croissance peut s'observer.
A l'examen, le médecin palpe parfois une masse dans l'abdomen, constate une pâleur, mais parfois tout paraît normal. Seule une prise de sang peut confirmer l'inflammation, et il faudra une radiologie et une endoscopie pour préciser le diagnostic.
La maladie évolue par poussées intermittentes, avec de longues périodes de calme. Elle est souvent émaillée de complications fistules, abcès, fissures anales qui deviennent chroniques et cicatrisent mal, ou de manifestations extradigestives diverses : arthrite, atteinte osseuse, aphtes, nodules sur les jambes ou, plus rarement, conjonctivite, manifestations hépatiques ou urinaires.
Le développement d'un cancer intestinal est possible, mais rare. Il est recherché systématiquement, de façon à être traité le plus précocement possible. Le lavement baryte en double contraste (insufflation d'air après lavement avec un produit opaque aux rayons X) permet de mettre en évidence les lésions caractéristiques de l'Intestin qui sont de petites ulcérations aphtoïdes légères, associées parfois avec des ulcérations linéaires plus profondes qui touchent l'intestin de façon segmentaire. Il existe en effet des zones parfaitement indemnes de toute lésion. Lorsque l'examen est réalisé à un stade plus évolué de la maladie, des fistules, des sténoses de l'intestin peuvent être mises en évidence.
L'endoscopie colique (coloscopie) est réalisée en dehors des poussées graves. Elle permet de compléter l'exploration radiologique et de réaliser des biopsies. Le traitement de la maladie de Crohn comprend 3 volets :
- D'une part, des régimes qui excluent les résidus et les stimulants de la motricité intestinale ou des alimentations intraveineuses exclusives (pour mettre l'intestin au repos au moment des poussées).
- Pour traiter les diarrhées et les douleurs, le médecin prescrira des anti diarrhéiques, des antispasmodiques, des antibiotiques en cas de surinfection et éventuellement des transfusions sanguines en cas d'anémie importante.
- Le traitement proprement dit de la maladie fait appel à trois groupes de médicaments : la salazosulfapyridine, les corticoïdes et les immunosuppresseurs. Les indications de tel ou tel traitement curatif sont posées en fonction de l'intensité de la poussée et de la longueur d'évolution de la maladie. La
salazosulfapyridine est toujours essayée dans un premier temps, la corticothérapie est réservée aux formes plus sévères ou plus évoluées.
Si la maladie de Crohn se montre rebelle au traitement médical ou nécessite des doses de corticoïdes importantes depuis de longs mois, et en cas de complications (fistule, hémorragie), une intervention chirurgicale peut devenir nécessaire. Cette dernière est réalisée souvent après des années d'évolution. Il s'agit le plus souvent d'une chirurgie radicale, passant à distance des lésions. Si cette intervention est précoce, elle peut amener la guérison définitive de l'affection. Dans certains cas, le traitement médical est préféré et seules les complications relèvent de la chirurgie.
De toute façon, une surveillance attentive des patients, qu'ils soient traités de façon médicale ou chirurgicale s'impose. La maladie de Crohn est une maladie chronique et elle nécessite une prise en charge psychologique et une collaboration médicale et chirurgicale constante. Mais, comme on l'a vu plus haut cette affection, qui évolue par poussées, est le plus souvent entrecoupée de longues périodes d'accalmie. Le pronostic à long terme de la maladie de Crohn paraît donc bon. La plupart des patients peuvent avoir une existence pratiquement normale, au prix d'une surveillance régulière et de traitements médicaux ou chirurgicaux souvent nécessaires au fil des ans.
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