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Synthèse, rôles et effets des hormones thyroidiennes

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Synthèse, rôles et effets des hormones thyroidiennes

Les hormones thyroïdiennes sont produites à partir de l'iode contenu dans les aliments, puis stockées dans la glande et mobilisables à tout moment.

 

Le signal vient de l'hypophyse.
Comme un thermostat contrôlant la température d'une pièce, cette glande envoie des messages à la thyroïde afin que le taux d'hormones dans le sang demeure constant.

Selon les besoins de l'organisme, elle peut stimuler ou, au contraire, freiner leur sécrétion.
Ce système est naturellement le même dans les deux sexes.

 

Pourtant, les troubles thyroïdiens sont sept fois plus fréquents chez les femmes.
Sans doute parce que la protéine qui assure le transport des hormones thyroïdiennes dans le sang est la même que celle qui véhicule les œstrogènes.

Toute variation de ces derniers est donc susceptible d'influencer le fonctionnement de la glande.

Et, comme par hasard, les troubles thyroïdiens surviennent plus souvent aux âges clés de la vie des femmes.

A la puberté
Le taux d'œstrogènes s'élève progressivement au cours de la puberté, créant un besoin supplémentaire d'hormones thyroïdiennes.
Si la jeune fille présente à ce moment-là une petite carence en iode, la production est insuffisante.

Résultat : l'hypophyse insiste pour stimuler la thyroïde, qui grossit légèrement pour former un goitre.
Si le cou augmente de volume à l'adolescence, un bilan est nécessaire.

Mais un traitement est rarement utile. Le plus souvent, tout rentrera dans l'ordre quelques mois plus tard.
Les doses d'œstrogènes contenues dans les pilules sont trop faibles pour entraîner des modifications au niveau de la glande.
En revanche, certaines femmes constatent que leur cou grossit un peu au cours de leur cycle. Exactement comme d'autres sentent leurs seins ou leur ventre gonfler avant les règles.

L'explication est simple : la production accrue d'œstrogènes durant le cycle entraîne une hyper vascularisation de la glande, et donc son gonflement.

Au moment de la grossesse
En début de grossesse, l'augmentation brutale des œstrogènes entraîne une sorte de blocage des hormones thyroïdiennes sur la protéine «porteuse».
Résultat: la glande libère moins d'hormones dans le sang. L'hypophyse lui donne donc l'ordre d'en fabriquer plus.

Cet afflux hormonal est généralement sans conséquence. Sauf chez celles qui ont déjà un petit goitre dont le volume augmente.
D'autres constatent l'apparition de nodules, c'est-à-dire de petites boules au niveau de la glande. Ces modifications ne doivent pas inquiéter et ne nécessitent généralement pas de traitement, même si un avis médical est préférable.

En revanche, les femmes qui se savent hypothyroïdiennes (manque d'hormones) doivent absolument revoir leur médecin afin d'adapter leur traitement.

Un équilibre hormonal correct est en effet indispensable à l'enfant.
Après l'accouchement, les troubles thyroïdiens ne sont pas rares: le bouleversement immunitaire de la grossesse (l'organisme doit tolérer le fœtus «étranger») peut en effet provoquer des excès ou des insuffisances hormonales.
Il faut y penser lorsqu'une femme se sent anormalement fatiguée ou déprimée et qu'elle ne parvient pas à perdre du poids au bout de quatre ou cinq mois.

 

A la ménopause
Dans les années qui précèdent la ménopause, de nombreuses femmes présentent un déséquilibre entre les œstrogènes et les progestatifs. L'apparition d'une hypothyroïdie n'est pas rare. C'est pourquoi, au moindre signe évocateur (surpoids, troubles de l'humeur), les médecins demandent un bilan hormonal.
Le vieillissement prématuré de la glande, probablement lié à la diminution des œstrogènes, explique aussi une partie des hypothyroïdies observées à cet âge de la vie.

 

Traitement
Un nodule à la thyroïde doit être surveillé, en général une fois par an. S'il ne fixe pas l'iode radioactif (image blanche à la scintigraphie), il s'agit d'un nodule froid qu'il faut ponctionner afin de le faire analyser.
Si le nodule est bénin, une surveillance suffit. S'il ne l'est pas, il doit opéré très vite. Entre 5 et 10 % des nodules isolés sont des cancers, dont le pronostic est très bon lorsqu'ils sont retirés tôt.

 

Voir aussi: