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Lorsque nous passons de la station couchée à la station debout, notre sang subit une pression brutale : suivant la loi de l'attraction terrestre, il afflue vers les jambes. Ainsi, durant un bref instant, le cœur et le cerveau sont sous- alimentés. Tout de suite les veines de nos jambes se contractent et renvoient l'excès de sang vers le haut du corps. De cette manière, le mini-séisme qui a touché l'organisme est immédiatement réparé, et nous nous adaptons à notre nouvelle position.
Cependant, chez certaines personnes, les veines des jambes n'arrivent pas à se contracter. Le sang, alors, stagne un moment dans les membres inférieurs et, dans le haut du corps, il se produit un manque brutal d'oxygène : exactement comme si on vous prélevait un litre de sang en deux secondes ! Cette mauvaise réaction, lorsqu'on se lève, se nomme l'hypotension orthostatique.
Ce phénomène engendre évidemment une intense fatigue, qui ira en se dissipant et disparaîtra le soir : l'organisme réussissant, tant bien que mal, à rétablir peu à peu des flux normaux.
Autres symptômes, qui risquent de vous assaillir dès que vous posez les pieds hors du lit : des vertiges qui vous obligent à vous rasseoir précipitamment. La mauvaise irrigation du cerveau entraîne également des réactions pénibles : vous souffrez d'algies cérébrales plus ou moins violentes, ou vous avez l'impression d'avoir du coton dans la tête. Des troubles visuels peuvent se manifester : étoiles devant les yeux, éblouissement intense...
Le cœur est touché, lui aussi. Privé d'une bonne part de sa ration de sang, il s'affole : des crises de palpitation se déclenchent alors. D'autre part, vous pouvez éprouver des douleurs cardiaques assez proches de celles de l'angine de poitrine.
Des évanouissements dangereux, surtout pour les personnes âgées
Douleurs et malaises matinaux sont suivis d'une difficulté de concentration, un épuisement intellectuel particulièrement désagréable. Il y a plus grave : l'hypotension orthostatique entraîne fréquemment des évanouissements passagers. Sans être dangereux par eux-mêmes, ils peuvent, notamment pour les personnes âgées, être la cause de blessure ou, surtout, de fracture.
Ce sont d'ailleurs ces personnes âgées qui sont le plus frappées par l'hypotension orthostatique. Les années venant, en effet, tous les mécanismes automatiques du corps s'émoussent : il en va ainsi de la contraction des veines au lever. D'où un autre danger grave, pour ces sujets fragilisés : comme leurs artères sont moins souples, une mauvaise irrigation, même momentanée, est très préjudiciable : l'hypotension orthostatique devient alors facteur de risque d'accident cérébral !
Certains médicaments favorisent l'hypotension orthostatique
De toute manière, que l'on soit ou non âgé, il serait absurde de prendre ce mal à la légère. D'une part, il gâche la vie (au moins, la matinée), d'autre part, il représente un traumatisme quotidien qui épuise. Or, on le sait, quand le corps est maltraité, il se venge... Pour combattre l'hypotension orthostatique, il faut avant tout savoir l'identifier. Tous les symptômes que nous venons d'évoquer peuvent vous y faire penser. Mais sachez aussi que certaines personnes sont particulièrement exposées à ce trouble. En dehors des sujets âgés, ceux qui viennent de subir une opération sont souvent victimes d'hypotension orthostatique. C'est également le cas des femmes après un accouchement, ou des convalescents se remettant d'une infection ou d'un virus. L'hypotension orthostatique sera d'autant plus difficile à déceler dans ces cas-là que la fatigue sera attribuée aux suites normales de la maladie ou de l'intervention. En réalité, l'hypotension orthostatique est souvent responsable de cette lassitude !
Les personnes qui prennent des médicaments diurétiques, pour combattre l'hypertension, peuvent aussi en souffrir. Hypertension d'un côté, hypotension orthostatique de l'autre : le cocktail peut paraître contradictoire mais, malheureusement, on peut bel et bien être victime des deux.
Les médicaments qui agissent sur le système nerveux, comme les antidépresseurs et les neuroleptiques, entraînent aussi ce trouble. C'est logique, car ils inhibent certains mécanismes réflexes de l'organisme. Dans l'hypotension orthostatique, le problème est d'ailleurs le plus souvent d'origine nerveuse : les nerfs qui commandent habituellement aux veines de se contracter ne fonctionnent plus correctement. Enfin, les varices perturbent aussi la contraction veineuse.
L’examen
Si l'hypotension orthostatique touche plus souvent certaines personnes, à la vérité, tout le monde peut en être victime. Les jeunes gens, par exemple, ne sont pas à l'abri (surtout s'ils présentent une morphologie mince, longiligne).
Quand on croit souffrir de ce problème, il est très facile de s'en assurer. Un examen, réalisé par votre médecin, permet de porter un diagnostic sûr.
Il procédera à une double prise de tension. La première aura lieu en position couchée, la seconde sera effectuée quelques secondes après, quand vous vous serez levé. En principe, la différence entre les deux prises doit être minime : l'organisme, grâce à la contraction des veines inférieures, rétablit aussitôt une circulation régulière. A l'inverse, donc, si le médecin détecte une différence importante entre les deux prises, c'est que cette contraction se fait mal et que vous souffrez d'hypotension orthostatique. (A noter que c'est surtout la tension haute qui diminue ; par exemple, vous passez de 14-8 à 10-7.)
Le plus souvent, un simple médicament suffit
Il existe un médicament qui dissipe ce trouble dans huit cas sur dix : l'ergot de seigle. Il tonifie les veines et les aide à retrouver une souplesse normale. Les patients, dans la majorité des cas oublient rapidement leur fatigue, leurs maux de tête et tous les autres soucis dont ils ignoraient la cause et qui leur empoisonnaient l'existence.
Cependant, ce médicament demande quelques précautions. Il entraîne parfois de légers maux de tête, des nausées ou des problèmes intestinaux. Néanmoins, si l'on prend la précaution de manger au moment d'absorber le médicament, ces effets indésirables se dissipent le plus souvent.
L'ergot de seigle est incompatible avec certains autres médicaments. Donc, si votre médecin décide de vous le prescrire, n'oubliez surtout pas de lui signaler les autres traitements que vous suivez : gare aux mélanges explosifs !
Contre l'hypotension : marche et natation ! Certaines règles d'hygiène favorisent un bon retour du sang vers le cœur :
. La marche est particulièrement indiquée. De longues promenades assouplissent et entretiennent les veines.
. La natation a un avantage de plus : l'eau froide tonifie la circulation sanguine.
. Le café et l'alcool, en revanche, accentuent les problèmes de contraction.
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