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La gelure est la réponse cutanée à un froid intense (inférieur à zéro degré) qui « congèle » quasiment les tissus. Elle touche surtout les alpinistes. Les doigts, les oreilles, le nez, les orteils sont touchés. Le vent, l'humidité, l'altitude et le contact avec le métal froid favorisent encore l'apparition des gelures. Selon sa gravité, la gelure peut aller de la simple rougeur douloureuse après une phase d'anesthésie cireuse de la peau jusqu'à la formation de bulles. Des destructions tissulaires profondes (gangrènes) s'observent parfois et peuvent même survenir tardivement un an après la gelure. Il s'agit alors d'une destruction osseuse aboutissant à une déformation de l'extrémité des doigts : dernière phalange raccourcie, extrémité du doigt désaxée. Les séquelles peuvent être durables : sensation anormale, douleurs, hypersudation.
Le traitement doit être rapide : des bains chauds à 40°.
En cas de gelure profonde, le traitement chirurgical peut intervenir plusieurs semaines après la gelure pour exciser les zones nécrosées. Les mesures consistant à frotter les zones atteintes avec de la neige sont contre-indiquées car elles ne font qu'augmenter l'exposition au froid et aggravent la nécrose. Le « Moon boot foot syndrome » s'observe chez les vacanciers se rendant aux sports d'hiver chaussés de bottes où le pied est confiné. Il s'agit, comme la gelure, d'une vasoconstriction artérielle, mais moins intense (pas de congélation, température au-dessus de 0°) mais plus prolongée. Ce syndrome est favorisé par l'humidité, le port de chaussures trop serrées, l'immobilité, le vent, le tabagisme et l'artérite.
Le pied passe d'un stade d'anesthésie à la rougeur douloureuse avec fourmillement. La perte tissulaire est en général modérée. Le pied atteint doit être réchauffé et séché en évitant une source externe de chaleur ou l'immersion dans l'eau chaude (contrairement aux gelures). L'absorption de liquide chaud en abondance favorise le réchauffement. La convalescence peut durer quand même plusieurs mois. Le repos, les analgésiques et les antibiotiques constituent le traitement. Pour éviter ce mal des neiges, choisir des chaussures isolant du froid et qui permettent l'évaporation de la sueur, porter des chaussettes adéquates ne comprimant pas les orteils et les changer aussi souvent que nécessaire pour garder les pieds secs.
Les engelures, en revanche, sont des réactions anormales au froid. Elles atteignent surtout les enfants aux premiers frimas. Elles sont favorisées par le terrain familial, une protection vestimentaire insuffisante ou, lorsqu'elles touchent les adultes, par la profession (ouvriers du bâtiment, jardiniers, agriculteurs...) Elles peuvent toucher les orteils, la face dorsale des mains, le nez, les oreilles, les talons, les fesses. Au début, il s'agit de taches rouge vif, qui progressivement en quelques heures, gonflent et deviennent violacées, prurigineuses et douloureuses. Dans les cas extrêmes, des crevasses se forment. Ces lésions se résorbent en deux ou trois semaines mais récidivent au cours de l'hiver et ne guérissent que l'été. Le seul traitement efficace est la prévention par une protection vestimentaire suffisante, mais évitant une transpiration excessive. Il faut aussi proscrire le port de vêtements fermés synthétiques, préférer la laine ou le coton.
On peut également protéger la peau exposée à l'air par une crème grasse. Certains préconisent l'utilisation de vasodilatateurs en comprimés. Les vitamines, le calcium n'ont pas vraiment fait la preuve de leur efficacité.
En cas de crevasses, l'application d'un corps gras (de la vaseline par exemple) et la protection du froid permettent la guérison.
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