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A la suite d'un traumatisme, d'une intervention chirurgicale, d'une immobilisation, d'une hémiplégie ou d'un infarctus du myocarde, s'installe quelquefois une impotence douloureuse de la main ou du pied.
On appelle algodystrophie cette affection qui va s'étendre progressivement à tout le membre et qui va associer des troubles vasomoteurs aux douleurs. C'est une maladie extrêmement fréquente ; mais qui peut prendre de nombreuses formes, difficiles à détecter.
Elle touche essentiellement les sujets d'âge moyen, mais peut survenir à tout âge. Dans la moitié des cas, l'algodystrophie apparaît sans raison apparente. Certaines personnes y semblent plus que d'autres prédisposées. Celles, par exemple, qui souffrent de diabète ou d'hypertriglycéridémie (un excès de graisse dans le sang) ; les personnes anxieuses, nerveuses, émotives, celles qui passent facilement du rire aux larmes...
La maladie évolue en deux temps.
La première phase chaude s'accompagne de douleurs variables, soit spontanées et permanentes soit provoquées par le mouvement. Elle conduit en général à une impotence fonctionnelle. Le malade ne pouvant par exemple poser le pied par terre sans ressentir une vive douleur. L'aspect de la région articulaire atteinte est soit normal, soit inflammatoire, c'est-à-dire rouge, chaud et hypersensible.
L'évolution de la phase chaude de l'algodystrophie peut être très courte, mais elle s'étend souvent sur des semaines, voire sur plusieurs mois. Les douleurs spontanées diminuent progressivement. Les douleurs provoquées lors des mouvements persistent. C'est la phase froide. L'impotence fonctionnelle peut rester totale.
L'aspect de la région atteinte est variable. Il peut être normal. Mais le plus souvent, Il persiste un œdème, parfois une couleur rouge violacée en position inclinée.
En général, la région où siège l'algodystrophie n'est plus chaude, elle devient au contraire nettement plus froide.
Le retour à la normale se fait en quelques semaines ou en quelques mois sous un traitement adapté. Il arrive, très rarement, que la maladie laisse des séquelles à type de fibrose, rétraction des tendons et limitation des mouvements.
La plupart des algodystrophies guérissent sans laisser de trace. Une prise de sang, des radiographies, une thermographie (enregistrement de la chaleur dégagée au niveau des régions atteintes), une scintigraphie osseuse permettent de préciser le diagnostic.
Le traitement doit être entrepris dès que l'algodystrophie est suspectée. Le plus souvent, il fait appel à la calcitonine, une hormone dont on utilise une forme synthétique et qui permet d'obtenir des résultats souvent très bons.
D'autres traitements peuvent être utilisés en cas d'échec de la calcitonine, des bêtabloquants (médicaments utilisés classiquement pour le traitement de l'hypertension artérielle) ou de la griséofulvine (anti-infectieux).
Les antalgiques et les anti-inflammatoires viennent s'y ajouter en traitements d'appoint de la douleur.
Les articulations atteintes sont mises au repos. Le membre est surélevé afin de lutter contre l'œdème. Les massages et la mobilisation passive (sans participation du malade) sont à proscrire tant qu'ils déclenchent ou augmentent les douleurs.
En revanche, la mobilisation active, consciente et volontaire du malade sera recherchée. En effet, le patient est le meilleur juge des mouvements à interdire et il est le seul à connaître l'amplitude exacte de ceux qu'il peut effectuer de façon tout à fait indolore.
La balnéothérapie (rééducation dans l'eau) chaude ou froide, ou les deux alternativement, peut être également un traitement d'appoint, si elle n'aggrave pas les douleurs.
Si l'algodystrophie survient au cours d'une maladie, la rééducation sera plus lente, mais dans la majorité des cas, elle va régresser spontanément en quelques semaines ou en quelques mois... ou de façon plus rapide si un traitement est prescrit.
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