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Le pois est une plante dite améliorante, en ce sens qu'elle puise directement dans l'air l'azote dont elle a besoin pour former ses protéines et que, lors de l'arrachage, les racines laissées dans le sol apportent un reliquat d'azote bénéfique à la culture suivante. Pour cette raison, le pois n'est jamais cultivé en tête d'assolement, mais immédiatement après une plante dite épuisante, la restitution de matière fertilisante étant limitée à de la potasse et du phosphore.
Si, dès le mois de mars, on peut semer en pleine terre dans toutes les régions, des semis d'hiver peuvent être entrepris dans les zones à climat doux. Pour hâter la production d'une variété naine, à cultiver comme primeur, on peut semer les pois dans des godets en tourbe ou en terre cuite, et mettre en place des sujets de 15 à 20 cm de hauteur déjà prêts à fleurir. Dans ce cas, on sème par godet 5 à 6 pois ; les pots sont maintenus en couche tiède ou en serre avant la plantation à l'extérieur.
Le semis des pois se fait en général en lignes doubles séparées par un interligne de 35 à 40 cm, chaque double ligne étant séparée de la culture voisine par une bande de terre de 60 à 80 cm, qui constituera un sentier permettant l'accès facile pour la récolte. Ce sentier peut parfaitement convenir pour le semis ou la plantation d'une culture intercalaire. On donnera dans ce cas la préférence surtout pendant la période d'été et entre des lignes de pois à rames à des légumes réclamant la mi-ombre comme l'épinard, par exemple, qui, exposé en plein soleil, monte aisément en graines. Référez-vous à ce sujet à la description des autres cultures reprises dans cet ouvrage.
Pour le semis, sur terre bien préparée, on trace un sillon de 5 à 6 cm de profondeur, dans lequel les pois sont semés soit en lignes continues soit en poquets de 3 à 5 graines disposés tous les 15 cm. Après la levée, dès que les plantes ont atteint une dizaine de centimètres de hauteur, on en butte légèrement le pied pour les soutenir, et on complète cette opération par le placement, pour les variétés élevées et mi-élevées, d'un élément de soutien. Traditionnellement, on utilise des rames à pois qui, devenant de plus en plus rares, sont actuellement remplacées par le placement d'un treillage métallique ou en plastique, dans les mailles duquel les pois s'accrocheront par le biais de leurs vrilles de manière naturelle.
Les soins au cours de la végétation se limitent à des binages et à des sarclages. Une sage précaution est découvrir la jeune culture d'un filet qui assurera la protection des jeunes pousses de la voracité des oiseaux.
Pour manger des pois toute l'année, on devra se faire succéder les semis tout au long de la saison de culture. Pour un ménage de 4 personnes, on sèmera chaque fois une double ligne de 6 m de longueur, la récolte étant consommée fraîche et l'excédent mis au surgélateur.
Calendrier des semis :
• Janvier et février: semis en godets de variétés naines qui seront plantées fin février et fin mars à l'extérieur.
• Mars: semis d'une variété naine, d'une variété élevée et d'une variété mange-tout.
• Avril et mai : semis d'une variété élevée à écosser, et d'un mange-tout.
• Juin et juillet : deux semis d'une variété élevée ou mi-élevée.
• Août et septembre: semis de variétés naines.
Pour les régions dont le climat est particulièrement doux, on peut continuer chaque mois, d'octobre à février, les semis en pleine terre de variétés naines.
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