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La mauvaise herbe, c'est ainsi que nous appelons les plantes adventices de nos jardins, se moque de l'hiver, du froid, de l'été, de la pluie, de la sécheresse. Partout, elle croît d'abondance et avec une vigueur que nous souhaiterions à nos plantes cultivées. Aussi, sous peine de voir les jardins se transformer en jungle, sommes-nous contraints de mener contre cette végétation une lutte sans merci.
Il faut bien dire que tout est relatif, et que le mouron, considéré comme une véritable peste, est l'aliment de prédilection des petits oiseaux, que le séneçon et le laiteron qui envahissent nos carrés de légumes font les délices de nos lapins, que, enfin, la chélidoine ou l'herbe aux chantres qui croît au pied de nos haies fait le bonheur des herboristes.
Les écologistes vous diront que chaque être vivant, et les plantes en sont, a sa place au sein de la nature, et que la destruction de fun risque de susciter un déséquilibre biologique nuisible à l'autre. Ce serait donc l'homme, méchant par nature, qui aurait baptisé «mauvaises herbes» ce don de Dieu que sont les adventices. Je crois que ces théories sont excellentes, mais qu'elles ne résistent pas longtemps à la pratique de tous les jours, et que le plus distingué et le plus sincère des protecteurs de la nature se dépêche de détruire le liseron qui envahit sa haie. Il est vrai que, dans ce cas, on abandonne toutes vues de l'esprit, puisqu'il s'agit de « ma » haie et de « mon » liseron, que le second est l'ennemi de la première et que je me dois donc de le détruire.
Evitez les moyens extrêmes
Sans vouloir m'embarquer dans la critique de certaines théories, je crois qu'en ceci comme en tout, la modération est de mise et, s'il faut pourchasser la plante frugale qui se nourrit des engrais destinés aux végétaux cultivés, il n'est pas nécessaire d'utiliser des moyens extrêmes, ce que, malheureusement, on a trop tendance à faire. Ce sont des abus dommageables, le mieux étant l'ennemi du bien.
Pour la destruction des mauvaises herbes dans les sentiers, les parkings ou les aires de détente et de jeu, le jardinier moderne dispose d'une gamme étendue d'herbicides totaux à plus ou moins longue rémanence. Souvent, un seul traitement appliqué au meilleur moment, au début du printemps, est suffisant pour que le sol demeure propre l'année durant. Des herbicides-plus toxiques pour la végétation sont utilisés pour la destruction des ronces, orties et autres broussailles ligneuses ou semi-ligneuses.
A l'autre bout de la gamme des herbicides totaux, il existe des produits dits de pré émergence qui, appliqués au printemps sur terrain propre entre des arbustes d'ornement ou des rosiers, maintiennent la terre propre toute la saison. La plantule naissante se meurt avant même d'être en mesure de pourvoir à son autonomie biologique. Condition à respecter scrupuleusement : ne pas traiter les plantations récentes et surtout ne pas dépasser la dose prescrite.
Encore que la pâquerette ou le bouton d'or qui émaille la pelouse ne me dérange pas, il est des perfectionnistes nombreux qui ne veulent que des pelouses anglaises à l'herbe courte et vierge de dicotylédones. Pour eux, il existe des herbicides sélectifs pour pelouses à base de 2-4 D ou de dicamba qui appliqués sous certaines conditions (il faut une température de 20 à 25° C pour que ces herbicides soient vraiment efficaces) nettoieront le gazon sans coup férir.
Binez, sarclez, nettoyez
Au potager, c'est une autre histoire. A part quelques herbicides sélectifs, à utiliser en culture de carottes, pois et peu d'autres légumes, il n'existe aucun produit qui puisse s'utiliser pour lutter contre les mauvaises herbes sans nuire aux légumes.
Il y a peu, des herbicides totaux à action immédiate mais strictement momentanée, étaient utilisés. L'agent actif étant le para-quat. Par une sage décision des autorités, ces herbicides ont été retirés du marché libre. Outre que le paraquat est un poison violent, on s'est aperçu qu'il n'existait aucun contrepoison, et que dans tous les cas, heureusement assez rares, d'intoxication, la mort était au bout de la rapide agonie du malheureux imprudent. D'autres herbicides totaux à action courte (six semaines environ) peuvent être utilisés au potager sur terrain nu. Dans les cultures, le mieux et le moins dangereux est d'utiliser un paillis déposé sur le sol et de s'armer de patience et de courage pour biner et sarcler, aussi souvent que possible, les légumes qui, ainsi maintenus propres, seront aussi très sains.
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