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Un des moyens de lutte contre les maladies des légumes consiste en l'application d'un programme très strict de rotation des cultures. En effet, les maladies d'origine cryptogamique, donc suscitées par des champignons microscopiques, s'attaquent à certains groupes de végétaux appartenant à la même famille à l'exclusion des autres.
En ne cultivant que tous les trois ou quatre ans sur une même parcelle des plantes susceptibles d'être parasitées par un type de champignons, ceux-ci ne trouvant pas l'hôte dont ils ont besoin pour proliférer s'éliminent naturellement.
La lutte contre les maladies peut être préventive ou curative. A titre préventif, l'épandage en automne de 5 à 10 kg de cyanamide de chaux par are est remarquable : cet engrais azoté à action lente possède un pouvoir secondaire non négligeable tant herbicide, insecticide, nématicide que fongicide. Pour de petites quantités de terre ou de terreau utilisées pour la culture des plantes en pot, la stérilisation par la chaleur est radicale. Le procédé est simple: sur un feu de bois allumé à ciel ouvert, on place une tôle sur laquelle la terre est épandue à la pelle. La stérilisation est totale en quelques secondes.
Si malgré toutes les précautions prises, une maladie survient, on traite alors à titre curatif par des pulvérisations fongicides fréquentes. Au potager, les partisans de la culture biologique admettent comme seuls fongicides le soufre mouillable et les bouillies à base de cuivre. Pour les cultures ornementales et pour ceux qui ne craignent pas l'utilisation de produits chimiques, il existe une gamme très complète de fongicides de synthèse à faible rémanence (la rémanence est la durée de l'action d'un produit) qui donnent d'excellents résultats à la condition d'être utilisés à une fréquence très régulière, un traitement tous les huit ou dix jours en moyenne.
Depuis peu, des fongicides systémiques ont fait leur apparition sur le marché des pesticides. Leur action est interne, en ce sens qu'ils sont absorbés par la plante et véhiculés dans toutes ses parties par le courant de sève. Leur action ou rémanence est de quinze jours environ.
Avant d'entamer les traitements, il est nécessaire de bien examiner la plante pour déterminer la cause du mal. On attribue souvent à des maladies des dégradations dues à des accidents ou des négligences.
Ceci est particulièrement vrai dans le cas des légumes cultivés sous verre. Ainsi, un brusque refroidissement à la suite d'un courant d'air ou d'un arrêt accidentel du chauffage provoque le jaunissement, puis l'apparition de taches brunes sur les feuilles de plantes exigeant une température constante. Un coup de soif détermine la dessiccation plus ou moins importante et rapide de l'extrémité des feuilles. Par contre, l'excès d'eau entraîne l'asphyxie des racines; le feuillage prend rapidement un port prostré, les feuilles jaunies se détachent aisément, et au stade ultime, la plante meurt. Cet accident s'appelle la chlorose hydrique.
Un manque de fer provoque aussi le jaunissement des feuilles, ceci aussi bien dans les plantes en serre qu'au potager de plein air. C'est la chlorose ferrique. Le mal est rapidement enrayé par un arrosage ou la pulvérisation d'une spécialité contenant du chélate de fer.
Un arrosage dans de mauvaises conditions provoque des brûlures et des nécroses du feuillage, c'est le cas lorsque le feuillage a été mouillé et que les plantes sont exposées en plein soleil ou pis encore placées derrière un vitrage sans protection. Les rayons du soleil se concentrent sur les gouttes d'eau qui, formant loupe, provoquent les brûlures du limbe de la feuille.
Ces taches sont peu esthétiques, et la plante peut mourir. Souffrent particulièrement de ces accident les plantes velues qui retiennent les gouttes d'eau dans leurs poils, et les plantes à feuilles charnues. Ces taches se manifestent également quand des plantes cultivées en serre ou sous châssis sont brusquement placées à l'extérieur sans avoir été endurcies par une exposition progressive à l'air libre.
Tous ces accidents, abusivement qualifiés de maladies, pourraient être évités si les plantes étaient mieux observées.
Les interventions contre les maladies réelles sont moins fréquentes qu'on ne le croit généralement. Ici encore, l'observation des végétaux permettra une rapide détection du mal et l'application d'un traitement localisé destiné à l'enrayer. En agissant de la sorte, oïdium, rouille, anthracnose, mildiou et autres maladies ne réduiront pas à néant vos espérances de belles récoltes de bons légumes.
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