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Depuis toujours, les maraîchers ont habillé les plançons avant plantation, souvent sans trop savoir pourquoi ; simplement parce que, toujours, on avait agi de la sorte. Les temps ont changé, le coût de la main d'œuvre en augmentation constante a fait qu'un beau jour des poireaux ont été mis en terre sans préparation et la récolte a été bonne.
Rapidement le procédé a fait florès dans le monde des maraîchers et maintenant on enseigne à l'école qu'il ne faut plus habiller les poireaux. Si on ne savait pas exactement pourquoi il fallait faire cette préparation, on semble aussi ne pas savoir pourquoi il ne faudrait plus la faire.
L'habillage du plançon est en fait un déshabillage. Chacun sait qu'une plantule, extraite à racines nues de son substrat de croissance, voit son système radiculaire et plus particulièrement les poils absorbants implantés à l'extrémité des radicelles immédiatement desséché par l'air et le soleil.
Mis ainsi en terre sans préparation, le végétal souffre, car si l'eau ne pourra à nouveau «entrer» dans la plante par le biais des poils absorbants que lorsque ceux-ci seront à nouveau existants, le feuillage continue lui à exporter l'eau de constitution de la plante par transpiration naturelle. Or, nos végétaux cultivés contiennent environ 11 % de matière sèche et 89 % d'eau. La transpiration sans réintroduction simultanée de sève puisée par les racines entraîne rapidement un déséquilibre physiologique au sein de la plante et au stade final le flétrissement et la mort.
Pour les plantes à enracinement ramifié (choux, laitues, endives, scaroles, céleris, etc), on doit donc, dès I’ arrachage, protéger les radicelles de la dessiccation par un pralinage soigné, et réduire les pertes d'eau par transpiration, en réduisant une partie du feuillage.
Pour les poireaux, le problème est différent : s'il faut, comme pour les autres légumes, «couper» une partie du feuillage pour réduire la transpiration, le simple pralinage des racines n'est pas suffisant. En effet, le poireau possède des racines fasciculées, c'est-à-dire des racines non ramifiées naissant toutes au niveau du plateau constituant le siège de l'enracinement. Le simple fait d'arracher un poireau entraîne ipso-facto la rupture des racines simples et la destruction des poils absorbants situés à l'extrémité des racines.
Le poireau ne pourra à nouveau s'alimenter en eau que lorsque de nouvelles racines, nées au niveau du plateau, se seront développées. Si l'on coupe l'ensemble des racines à environ 1 cm de l'endroit où elles prennent naissance, les nouvelles racines, les seules capables d'alimenter la plante, ne devront parcourir que cette faible distance avant de pouvoir s'implanter dans la terre et jouer leur rôle.
On peut donc dire que l'habillage du poireau est une opération bénéfique permettant au plus tôt au jeune sujet de reprendre une vie autonome normale en souffrant au minimum du choc dû à la plantation. Pourquoi les professionnels négligent-ils cette opération maintenant? Tout simplement parce que le prix à payer en salaires pour ce travail long et minutieux dépasse à leur estime la perte de récolte ou le retard de production. On peut donc dire que si le professionnel est amené, pour des raisons économiques, à supprimer cette préparation, l'amateur, dans toute la mesure du possible, doit continuer à habiller ses poireaux avant plantation.
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