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Contrairement à ce qui est communément admis, le fumier, comme la plupart des engrais organiques naturels, est un engrais pauvre et qui doit nécessairement être utilisé avec d'autres engrais plus riches pour apporter aux plantes les éléments fertilisants dont elles ont besoin. La valeur du fumier réside en l'importance de la masse d'humus qu'il apporte à la terre. Masse qui, en valeur absolue, est de l'ordre de 100 kg d'humus par tonne de fumier.
Il y a cependant qu'il existe d'autres moyens d'apporter au sol l'humus dont il a besoin; il y a d'abord la pratique de la sidération ou culture des engrais verts ; il y a les apports possibles de tourbe, terreau de culture, voire terreau de compost ou de feuilles. Ces différentes méthodes de restitution de l'humus au sol ont le grand mérite de fournir un élément propre, ce qui est rarement le cas du fumier.
D'abord, le fumier est rare ; le fumier chaud de cheval a presque disparu du marché. Subsiste le fumier de ferme qui est un fumier à base d'excréments de porcs et de vaches. C'est un fumier froid. S'il n'était que «froid», nous pourrions nous accommoder à la rigueur de ce fumier fermier, mais ce fumier est « sale », non pas parce que c'est du fumier, mais parce que le producteur considère sa fosse à fumier comme un « trou à fumier» au sens le plus péjoratif du terme. Au fumier on «jette» des détritus de toutes sortes. Les eaux de nettoyages riches en détergents, les cendres de foyers dans lesquels des plastiques ont été fondus mais non détruits, les résidus de toutes sortes, nocifs ou pas.
Beaucoup de maladies endémiques sont véhiculées par le fumier, et croire que faire de la culture « naturelle» ou plutôt biologique ne se conçoit que par l'utilisation de fumier est une erreur majeure. Depuis longtemps, les maraîchers bretons emploient pour la fumure organique de leurs terres les goémons et autres algues marines. La mode s'en est répandue en France et à l'heure actuelle ces algues marines font florès sur le marché des engrais. Il est regrettable que ces engrais sains et purs ne fassent pas l'effort promotionnel suffisant pour diffuser largement ces produits réellement naturels.
Quant aux adversaires des engrais chimiques, ils ne sont pas nés d'hier, et déjà bien avant que le terme pollution ne soit vulgarisé, d'aucuns prétendaient que l'incorporation aux sols de matières fertilisantes «achetées» équivalait à creuser la tombe de l'humanité. Plusieurs dizaines d'années se sont écoulées et ces fertilisants ont fait largement leurs preuves, assurant au monde la quantité de nourriture que la prolifération de l'espèce humaine exigeait.
Pour l'amateur comme pour le professionnel, l'utilisation des engrais chimiques ou organiques est une nécessité. La technique moderne de production et de conditionnement de ces éléments est actuellement à ce point poussée qu'il est loisible à tout un chacun d'acquérir dans la quantité désirée et pour un prix pas toujours surfait la composition exacte convenant à un type de plantes cultivées.
Pour le potager je vous recommande particulièrement des engrais composés dont les formules sont voisines de 5-5-10 pour les légumes-racines, 10-9-8 pour les foliacés, 6-8-11 pour les fraisiers, tomates et autres légumes fruits.
Si vous avez peur de l'engrais chimique, il vous reste la latitude de n'utiliser que des engrais composés organiques; la gamme est suffisamment importante pour que vous ayez toute satisfaction.
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