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Même tout-petit, un enfant sourd peut développer des trésors d'adaptation, décelant le moindre courant d'air, les vibrations des pas sur le plancher ou l'ombre d'une personne derrière lui. Et les tests comportementaux, effectués par le pédiatre à l'aide de jouets sonores lors des visites du 4e et du 9e mois, ne changent souvent rien.
Mais les retards de diagnostic sont lourds de conséquences.
Privé de son ouïe, l'enfant est coupé de toute une partie des informations fournies par son environnement. Les sons font le lien avec les événements. Un tout-petit comprend que sa maman prépare son biberon ou fait couler son bain l'entend en train de le faire. Cela le sécurise.
A l'inverse, un enfant sourd peut être tenté de se replier sur lui-même et avoir très peur de ce qui passe autour de lui. De la même façon, appareillée tardivement, il aura plus de difficultés à acquérir le langage. Avant même de prononcer ses premiers mots, votre tout-petit se familiarise avec les sons, s'habitue à la mélodie de la langue. Et plus il est coupé longtemps de ce bain de langage, plus il aura du mal à rattraper ses lacunes. Lorsqu'un enfant est appareillé tard, tous les mots anciens, qui ont été mal entendus vont être mal prononcés. Ils resteront déformés longtemps tandis que les nouveaux acquis seront bien assimilés. D'autant que les connexions du cerveau sont en pleine construction. En l'absence de stimulations sonores, certaines aires auditives se réorganisent pour traiter des informations visuelles. Ce schéma déformé sera aussi plus long à corriger par la suite.
Une rééducation optimisée
Gagner du temps : c'est l'un des objectifs principaux du dépistage. En cas de doute, lors du premier test à la maternité, l'enfant est orienté, dans les quinze jours, vers un centre spécialisé de diagnostic et d'organisation de la prise en charge de la surdité (CDOS). Plusieurs examens complémentaires (potentiels évoqués auditifs, impédancemétrie) vont permettre de poser le diagnostic : Dans neuf cas sur dix, celui-ci est négatif. En revanche, si un trouble est détecté, une prise en charge multidisciplinaire (ORL, orthophoniste, éventuellement psychologue) est mise en place immédiatement. L'enfant est appareillé à partir de 4-5 mois, dès qu'il est capable de tenir sa tête. Ce gain de temps (près de douze mois par rapport à la situation précédente) permet d'optimiser la rééducation. En fonction de son degré de surdité, les prothèses auditives vont donner à l'enfant sourd la possibilité d'améliorer sa compréhension ou au moins d'avoir accès à la mélodie de la voix. Dans tous les cas, la détection a pour but de réduire les futurs retards de langage, les troubles de l'articulation et du comportement.
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