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Outre l'antigène D, on sait que les globules rouges expriment aussi des antigènes C, c, E, e. Par exemple, les femmes rhésus négatif sont plus volontiers dotées des antigènes c et e (c+ et e+), alors qu'un quart des femmes rhésus positif sont dépourvues de l'antigène c (on dit alors c-). Au regard de ces combinaisons, les chercheurs se sont aperçus que l'incompatibilité sanguine entre la mère et l'enfant touchait une proportion plus importante de femmes : celles de rhésus négatif, certes, mais aussi certaines futures mamans ayant un rhésus positif et sans antigène de type c (c-).
Comment se traduit l'incompatibilité rhésus ?
Le processus de l'incompatibilité se déclenche le plus souvent lorsque la future maman est de rhésus négatif et que son bébé est de rhésus positif, comme son papa. Encore faut-il que les deux circulations mère-bébé, jusque-là totalement séparées, soient en contact. Cela peut être le cas lors d'un choc, ou d'une manœuvre obstétricale (une amniocentèse par exemple), mais généralement le phénomène se produit au moment d'un premier accouchement : le placenta se rompt et une petite quantité des globules rouges du bébé va passer dans la circulation sanguine de sa mère. Ces globules sont différents puisqu'ils sont porteurs de la molécule rhésus (D+). Identifiés comme étrangers par l'organisme maternel, ils vont être automatiquement détruits par son armée d'anticorps (anticorps anti rhésus, appelés agglutinines irrégulières). Cette réaction de défense n'a pas d'importance pour l'instant, le bébé est né et donc à l'abri de ces méchants agresseurs.
Mais si une deuxième grossesse survient et que le fœtus est de nouveau rhésus positif, la situation se complique. Les anticorps anti rhésus, dont la mère est désormais porteuse depuis le premier accouchement, traversent le placenta et vont faire éclater les globules rouges du futur bébé. Ceux-ci libèrent l'hémoglobine qui se transforme en bilirubine, un produit que le foie du fœtus est incapable de dégrader. A la naissance, le bébé présente une forte anémie, accompagnée d'œdèmes et d'une jaunisse intense.
A l'heure actuelle, une maman rhésus négatif qui accouche d'un premier bébé rhésus positif (on vérifie le groupe sanguin à la naissance reçoit obligatoirement une injection intraveineuse d'anticorps anti D. Dans le but de détruire les quelques globules rouges du bébé qui auraient pu s'infiltrer dans son sang.
Lors de la grossesse suivante, aucun anticorps anti rhésus n'y sera présent. Le phénomène d'incompatibilité est également possible, mais dans une proportion moindre, lorsque la maman rhésus positif est dépourvue de l'antigène c, et que son fœtus en possède un, légué par son père. 24 % des femmes rhésus positif sont concernées. Si l'incompatibilité sanguine de type c est accessible à une surveillance (échographie) et à un traitement curatif (transfusion in utero), elle ne dispose d'aucun moyen de prévention.
Si vous êtes rhésus négatif et votre compagnon rhésus positif, des précautions restent indispensables avant toute grossesse. Vérifiez tout d'abord que vous n'êtes pas porteuse d'agglutinines irrégulières (c'est peut-être le cas si vous avez déjà fait une fausse couche, une grossesse extra-utérine ou une IVG). La législation française prévoit d'ailleurs, lors de l'examen prénuptial, une détermination de groupe sanguin avec la recherche d'agglutinines irrégulières.
A chaque grossesse, ces examens sanguins seront prescrits régulièrement pour rechercher la présence de ces agglutinines (lors du premier trimestre, au sixième, huitième et neuvième mois). Si les résultats sont négatifs, la grossesse se déroule sans encombre. Dans la situation inverse, une surveillance accrue est de mise : échographies et suivi de la croissance vont renseigner sur le bon développement du futur bébé. Si son état est jugé trop inquiétant, l'équipe médicale peut être amenée à réaliser une transfusion in utero, c'est-à-dire à changer la quasi-totalité de son sang.
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