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Un traitement simple, indolore, permet désormais de combattre une certaine forme d'infertilité, devant laquelle la médecine est restée longtemps démunie : les fausses couches spontanées à répétition,
La fausse couche est un phénomène très fréquent puisqu'on estime que 75 % des conceptions aboutissent à un avortement spontané. Dans 60 % des cas, celui-ci passe inaperçu parce qu'il survient très précocement, avant même le retard de règles. Dans 15 % des cas seulement d'avortement spontané la grossesse est connue. Quand une fausse couche, précoce, unique, est suivie ou précédée d'une grossesse, il n'y a pas lieu de s'inquiéter.
Ce rejet naturel est généralement dû à une anomalie chromosomique de l'embryon. En revanche, quand une femme a eu trois avortements spontanés successifs, ou plus, on parle de « fausse couche à répétition » ou de « maladie abortive ». Il s'agit alors d'une véritable pathologie, et elle est, hélas, assez fréquente puisqu'elle concerne 1 % des couples. Jusqu'à ces dernières années, près de la moitié de ces cas d'avortements multiples restaient inexpliquées.
Les femmes allaient de gynécologues en laboratoires, de laboratoires en hôpitaux. Sans résultat. Il n'y avait aucune anomalie utérine, hormonale ou chromosomique. Rien ne semblait les empêcher de mener une grossesse à terme. Pourtant, chaque nouvelle tentative se soldait par le même douloureux échec. Désormais, l'énigme est résolue ; et avec la cause, on a trouvé le remède.
Après avoir longtemps invoqué des raisons infectieuses ou hormonales, les spécialistes sont aujourd'hui d'accord pour retenir deux grandes causes de cette maladie abortive : la première est une malformation de l'utérus qui empêche le développement correct de l'embryon, une intervention chirurgicale suffit alors, en général, pour que tout rentre dans l'ordre ; la seconde, une réaction immunologique de la grossesse. C'est dans ce dernier domaine qu'un grand pas vient d'être franchi. Et l'on a résolu en même temps une des plus grandes énigmes de tous les temps : le mystère de la grossesse.
Un corps étranger
Pour l'organisme maternel, le fœtus humain est un corps étranger, puisqu'il est issu pour moitié du patrimoine génétique paternel. Il peut donc être comparé à une greffe.
Pourquoi la femme enceinte l'accepte-t-elle ?
On a longtemps cru que la grossesse s'accompagnait d'une diminution des défenses immunitaires, précisément pour éviter le risque de rejet. Or, si c'était le cas, les femmes enceintes seraient particulièrement sensibles aux infections, aux virus. On sait aujourd'hui que la nature a prévu une autre solution pour préserver à la fois la mère et le fœtus.
Lorsque le processus de grossesse est enclenché, l'organisme maternel produit des anticorps dirigés contre le père qui, paradoxalement, vont provoquer un retournement de situation : ces anticorps défendent le bébé et la maman tolère le fœtus.
Pour qu'une grossesse se passe dans les meilleures conditions, il faut, en effet, que le fœtus soit reconnu comme un corps étranger. Il existe alors une sorte de paix armée entre l'embryon et sa mère.
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