 |
Il existe des causes physiques, responsables d'une baisse de libido. Mais, le plus souvent, ce sont les facteurs psychologiques qui prennent le dessus. Mais, rassurez-vous, le manque de désir sexuel, au même titre qu'une baisse de tonus, fait partie de la vie
1 La routine
La dégradation de la relation de couple avec le temps est le motif principal de consultation chez un sexologue. Le désir féminin est un désir qui répond à une demande, bien plus qu'un désir pulsionnel. C'est une réponse au désir de l'autre, à son amour. Or, avec le temps, la routine s'installe, voire des conflits, et notre partenaire ne cherche plus à nous séduire. Quelle femme ne regrette pas le romantisme du début ? Car notre besoin de sexualité est un feu de paille. Des parades vont s'installer, pour échapper à "la corvée" : "J'ai du boulot à finir" ; "J'ai la migraine" ; "Je suis fatiguée"... Les couples qui ne font plus l'amour sont bien plus nombreux qu'on ne le croit !
2 La maternité
Les facteurs qui perturbent la libido, pendant et après une grossesse, sont multiples et variés :
• Les facteurs physiques : fatigue, nausées, tensions mammaires au cours du premier trimestre de la grossesse, gros ventre en fin de grossesse ; vagin élargi, distension des muscles de la vulve, épisiotomie lors de l'accouchement ; fatigue du post-partum accentuée par les réveils nocturnes de bébé et le manque d'aide dans les taches ménagères ; l'augmentation de la prolactine et de l'ocytocine, hormones de la lactation et du maternage qui, en provoquant détente et plénitude, détournent notre intérêt pour la chose...
• Les facteurs psychologiques : peur, à tort, de faire mal au fœtus ; attention centrée sur le nouveau-né avec une relation mère-enfant comblée ; crainte de le réveiller la nuit quand il dort dans la même chambre ; un corps "déformé avec des kilos difficiles à perdre…
• Les facteurs relationnels : le regard et l'attitude du futur papa (perte de désir, crainte...), le changement du statut social et familial, surtout lors de la naissance du premier enfant, quand on passe du couple "amants" au couple "parents
3 La ménopause
Elle se caractérise par une diminution importante, voire l'arrêt des sécrétions de l'ovaire : œstrogène et progestérone. Cette carence permanente et définitive d'œstrogènes engendre des troubles tels qu'une sécheresse vaginale et une baisse de la libido. En réalité, il persiste souvent une discrète sécrétion hormonale ovarienne, d'importance variable d'une femme à l'autre, ce qui expliquerait pourquoi certaines femmes ont plus de troubles que d'autres. Mais, là encore, le facteur psychologique a sa part de responsabilité, comme la remise en cause de sa féminité en l'absence de règles !
4 Le stress et les coups durs
Le stress de la vie quotidienne des femmes de 30 à 45 ans peut faire basculer dans la dépression. Or, le premier signe est une baisse de libido. En effet, les femmes ne font que rarement le lien entre leur surmenage et la baisse de leur désir sexuel. Pourtant, c'est le cas de très nombreuses femmes.
De même, lors d'un coup dur qui provoque un état émotionnel fort, comme le deuil ou l'annonce d'une maladie grave on peut comprendre que "l'on n'ait plus la tête à ça" !
5 La pilule ou un traitement hormonal inadapté
Les œstrogènes, en augmentant la lubrification du vagin, vont favoriser le rapport sexuel. Alors, pourquoi certaines femmes se plaignent d'une baisse de leur libido sous pilule ? La raison serait essentiellement d'ordre psychologique. Il y a aussi la crainte, pour certaines, de prendre des hormones. Par ailleurs, une pilule mal adaptée, avec un taux de progestérone trop élevé, peut provoquer un assèchement du vagin, d'où des rapports moins faciles et, à la longue, une baisse de la libido.
Le moyen de vérifier si la pilule est à l'origine de la baisse de la libido est d'employer un autre mode de contraception, comme le stérilet, et de voir si le désir sexuel revient.
6 Une maladie grave et les suites d'opérations traumatisantes
L'annonce d'une maladie grave, comme un cancer, fait passer le sexe au second plan. Le choc du diagnostic remet tout le système affectif en question. Le corps, vécu jusque-là comme un support du désir et du plaisir, devient un corps affaibli et souffrant.
Les traitements peuvent être aussi des entraves au désir. La chirurgie est vécue comme une mutilation et provoque souvent un traumatisme psychologique, et d'autant plus quand il s'agit d'une mammectomie (excision du sein) : on touche au symbole le plus fort de la féminité.
La réaction du partenaire est primordiale car la femme se sent coupable de le priver d'un des plaisirs les plus charnels.
Les traitements antihormonaux (Tamoxifene, anti-aromatase...) utilisés pour traiter les cancers hormono-dépendants, comme le cancer du sein ou des organes génitaux, bloquent la production d'hormones et peuvent également provoquer des effets secondaires : nausées, fatigue, manque d'énergie... Ces traitements influent aussi sur la fertilité, avec des répercussions psychologiques dramatiques pour une femme.
7 Le diabète
Un taux normal de sucre dans le sang est un élément important pour la fonction sexuelle. En effet, une augmentation de ce taux (hyperglycémie) peut provoquer des infections vaginales (champignons) dont la douleur et les démangeaisons diminuent le désir sexuel. Sans parler de la fatigue que l'on peut ressentir lorsque cet état se prolonge.
Quant à l'hypoglycémie, la crainte de ressentir un malaise pendant l'acte peut refroidir les ardeurs. Pourtant, la baisse de la glycémie au cours d'un rapport sexuel est généralement mineure. Les complications à long terme du diabète, comme l'atteinte des nerfs, affectent plus la sexualité masculine avec des troubles de l'érection. Cependant, une réduction de la lubrification vaginale est observée chez certaines femmes.
Enfin, des problèmes d'ordre psychologique et relationnel, liés à la maladie et à son image corporelle (prise de poids associée au diabète de type 2), peuvent détourner notre intérêt pour le sexe.
8 Un dérèglement de la thyroïde
Si la baisse de la libido s'accompagne, sans raison apparente, d'une fatigue générale, d'une prise de poids, d'une frilosité, de trous de mémoire, de constipation, de perte de cheveux et d'ongles cassants... il peut s'agir d'un dérèglement possible de la thyroïde. Si cette glande ne secrète plus assez d'hormones thyroïdiennes (hypothyroïdie), l'organisme fonctionne alors au ralenti.
Des examens de la thyroïde (dosages des hormones thyroïdiennes, échographie, scintigraphie) et des traitements adaptés (à base d'hormones thyroïdiennes) permettent le plus souvent que tout rentre dans l'ordre.
|
 |