Un conduit de fumée en mauvais état ou mal conçu est à l'origine de nombreux incidents. Un entretien suivi, la rénovation d'une cheminée existante ou la construction d'un conduit neuf obligent à respecter les normes en vigueur. Raccorder un appareil de chauffage moderne à un conduit existant est possible à condition qu'il soit stable, étanche, adapté au combustible utilisé et qu'il possède une section compatible avec le foyer. Quel que soit le mode de chauffage choisi, cheminée ouverte, insert, poêle, chaudière, il est fortement recommandé de vérifier le bon état du conduit de fumées avant toute mise en route de l'appareil. Mieux vaut le faire ausculter de près par un spécialiste qui repérera et réparera tout problème éventuel.
Une inspection externe et interne du conduit existant s'impose. D'abord le ramonage et l'assèchement du conduit s'il y a eu des traces d'humidité, puis le colmatage des fissures et crevasses, et la consolidation des éléments de la maçonnerie qui ne présentent pas une parfaite tenue. Son étanchéité à la fumée est enfin vérifiée. Le professionnel allume des fumigènes et observe les fuites de fumée à travers la maçonnerie du conduit. Si elle n'est pas parfaite, un chemisage ou un tubage pallie ce défaut.

Le chemisage consiste à appliquer sur la face intérieure du conduit un enduit spécial, sur toute la hauteur. Ce travail est réalisé par une entreprise spécialisée, et en conformité avec le règlement sanitaire départemental (se renseigner auprès de la DDASS). Après chemisage, la section du conduit peut être ramenée à 350 cm2, s'il est raccordé à une cheminée à foyer ouvert, et à 180 cm2, s'il s'agit d'un foyer fermé ou semi-ouvert
Le tubage est obligatoire lorsqu'une nouvelle chaudière ou cheminée est installée.
C'est une formule très rapide qui rectifie la section du conduit si nécessaire, limite les risques de bistrage et renforce l'isolation thermique. Il faut prévoir une ventilation de l'espace entre le conduit et le tubage pour éviter des risques de condensation prolongée sur la paroi extérieure du tube. Un orifice est ménagé au sommet de la sortie de toit et un second en partie basse du conduit.
Après tubage, la section du conduit peut être ramenée à un diamètre intérieur de 180 mm, s'il est raccordé à une cheminée à foyer ouvert, et à 150 mm s'il s'agit d'un foyer fermé ou semi-ouvert.
Dans un conduit vertical, on pose des tubes rigides métalliques ou en céramique. Ils sont assemblés entre eux et descendus au fur et à mesure. En céramique, le tube coûte moins cher, est réutilisable après un feu de cheminée, est garanti 30 ans contre la corrosion et peut être ramoné avec un hérisson métallique beaucoup plus efficace qu'un modèle en nylon. Lorsque le conduit est coudé, on utilise un tubage souple en acier inox.
La construction.
La mise en œuvre d'un conduit de fumée ne doit pas mettre en péril le bâtiment. Les DTU et les Avis Techniques des conduits précisent des règles de sécurité.
Un conduit ne dessert qu'un seul foyer, et débouche d'au moins 5 cm dans la pièce où est situé le foyer. Il est affecté à un seul combustible. Pour deux appareils de chauffage différents, mieux vaut utiliser deux conduits distincts. Le raccordement entre deux éléments ne peut être réalisé dans la traversée des ouvrages. Le boisseau ou le conduit métallique qui traverse un plancher doit déboucher de 5 cm minimum sous le plafond fini.
La température de la paroi extérieure du conduit ne doit pas dépasser 50° C dans les pièces habitables et 80° C dans les combles perdus et à l'extérieur. Dans le cas contraire, le conduit est habillé ou coffré avec des matériaux résistants au feu afin de garantir des températures superficielles évoquées précédemment. Une cloison en plaques de plâtre par exemple, séparée par une lame d'air ventilée de 8 cm, est suffisante, en principe, pour limiter la température superficielle à moins de 50° C. Un écart au feu est indispensable entre la paroi extérieure du conduit et les matériaux combustibles ou dégradables sous l'action de la chaleur. Cette distance varie de 5 à 10 cm selon la nature et la composition du conduit de fumée. Dans les traversées de plancher, on évitera les pièges à calories (augmentation de la température) en préservant autour du conduit un espace ventilé.
Les conduits lourds reposent sur un support qui n'est pas susceptible de fléchir. Solutions possibles : adossement sur un mur porteur ou proximité d'un refend porteur, renforcement de la charpente si nécessaire ou réalisation d'un socle de fondation.
Les murs intérieurs, et plus encore les cloisons, ne doivent jamais constituer l'une des parois d'un conduit de fumée.
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