
Les prothèses en gel de silicone sont aujourd’hui encore interdites en France. Les chirurgiens utilisent donc des prothèses remplies au sérum physiologique. Le débat continue lorsqu'on aborde le sujet des voies d'abord : voie péri-aréolaire, sous-mammaire, axillaires... Chaque chirurgien a ses arguments. La voie axillaire permet de placer directement la prothèse derrière le muscle sans avoir à couper glandes et tissus mammaires. La voie axillaire permet une cicatrice limitée à la zone pileuse, dans le pli apical (le plus profond de l'aisselle) donc extrêmement bien dissimulée.

D'autre part, à cet endroit la peau est très fine, ce qui garantit une meilleure et plus rapide cicatrisation. Avec cette méthode si un jour, la patiente souhaite enlever ses prothèses, le sein ne subit aucune déformation et retrouve son aspect initial.
Lorsque, au préalable, il n'y a aucun volume intéressant, la prothèse sera placée d'office derrière le muscle. De fait, un grand décollement est effectué pendant l'intervention qui donne des suites plus douloureuses. Le placement de la prothèse en rétro-musculaire favorise également une plus grande souplesse à la palpation.
L'intervention
Elle est relativement simple et a lieu sous anesthésie générale. Par une incision dans le pli de l'aisselle, le chirurgien procède au décollement des muscles pour préparer le passage de la prothèse. Puis, il teste, à l'aide d'une prothèse d'essai gonflable, différents volumes.
Quand le volume le mieux adapté est défini, les prothèses pré-remplies au sérum physiologique sont mises en place. Pour certaines filles, la difficulté réside dans la forme de leur thorax, s’il est "en creux". Le thorax est le "présentoir" de la forme du sein. S'il "rentre", cela handicape la projection du sein. Les prothèses ne s'exprimeront pas dans tout leur volume.

Les suites, 24 à 48 heures d'hospitalisation sont nécessaires.
Les douleurs sont variables. On peut avoir des douleurs persistantes pendant plus d'une semaine et d'une sensibilité au toucher après trois mois. Le premier mois, un soutien- gorge souple et avec armature doit être porté jour et nuit. En règle générale, les douleurs, type courbatures, persistent quelques semaines et gênent les extensions maximales des bras dans les gestes de la vie courante, puis s'estompent. Le sport est autorisé au bout d'un mois et demi. Les sutures sont réalisées avec des fils résorbables.
Ce qui détermine un aspect naturel, Largeur, hauteur et projection du sein sont des éléments capitaux. Il faut également que les contours externes de la poitrine s'équilibrent avec la largeur des hanches. Par ailleurs, le chirurgien doit veiller à la jonction entre le sillon sous-mammaire, les muscles pectoraux et abdominaux pour que, lors de la contraction, aucune anomalie n'apparaisse et qu'une bonne homogénéité soit conservée. Une bonne adaptation de la taille du thorax et la taille de la prothèse est aussi indispensable.

Avertissements post-opératoires :
Une prothèse doit être contrôlée tous les ans par le chirurgien qui vérifie son intégrité ainsi que la bonne tolérance de l'organisme. Il faut avoir à l'esprit l'éventualité d'un changement de prothèse au cours de sa vie.
La durée de vie de l'étanchéité d'une prothèse peut être évaluée aujourd'hui à 10 ans. Comme toute femme, il faut faire surveiller sa glande mammaire (une fois par an), d'autant plus que l'autopalpation avec des prothèses peut être trompeuse et entraîner une confusion entre une anomalie bénigne de la prothèse et une éventuelle pathologie de la glande.

En aucun cas, les prothèses ne peuvent être responsables de développement tumoral sur la glande. Placées derrière le muscle, elles ne sont jamais en contact avec celle-ci.
Les inconvénients possibles sont ceux qui relèvent de toute opération chirurgicale. Plus spécifiquement, sur ce type d'intervention on peut observer :
- Un dégonflement, sans gravité pour la santé, qui nécessite le changement de la prothèse par la même voie d'abord, sous anesthésie locale.
- La formation éventuelle d'une coque, réaction fibreuse de l'organisme autour de la prothèse.

Il s'agit d'une réaction normale mais gênante si elle est trop importante. Cela étant, l'enveloppe texturée des prothèses permet aujourd'hui de limiter cette complication à moins de 5 % des cas. D'autre part, la position de la prothèse placée en rétro- musculaire, c'est-à-dire derrière le muscle, limite considérablement le risque de durcissement de la coque
- Des troubles sensitifs au niveau des mamelons sont très rares et durent quelques semaines voire quelques mois et se récupèrent complètement.

|